L'Iran a été bouleversant. Aucun autre mot ne pourrait mieux résumer ce pays qui nous a tant intrigué, parfois fait peur, qui nous a souvent fait sourire et surtout qui nous a démesurément touché. Et nos premiers instants sur le sol iranien étaient déjà révélateurs de ce qui nous arriverait pendant le mois qui se présentait devant nous. En arrivant, cette frontière ou prison nous obligeait à rester sur nos gardes et sans savoir pourquoi, nous nous demandions si nous pourrions un jour sortir de ce pays. Puis, ce petit mur qui nous avons vite construit pour nous protéger de ce danger incertain s'est effondre face à la flagrante gentillesse des gens. Les iraniens se sont toujours montrés intéressés par notre voyage, curieux non seulement en ce qui concerne le contenu de nos sacs à dos mais surtout par rapport à ce que nous portions dans nos coeurs pour faire un tel voyage dans leur pays considéré comme terroriste. L'Iran nous a fait comprendre que le terrorisme laisse aussi des marques chez ceux qui sont classés comme les auteurs des actes... et je crois que, quelque part, notre passage avait un effet homéopathique dans ce processus de cicatrisation.
Alors imaginez qu'en Belgique dans les bus, trains et autres transports en commun il y ait une partie strictement réservée aux flamands, tandis que dans les autres parties tout le monde peut y aller (flamands y compris). Et en ce qui concerne les taxis, pensez a l'existence de certaines agences qui n'acceptent que des flamands dans leur voitures. Puis, que lors des fêtes, flamands et wallons soient dans deux salles séparées, mais que les premiers puissent voir ce qu'il se passe chez les deuxièmes via des caméras de surveillance. Enfin, que seuls les flamands puissent chanter ou danser dans les rues. Pour obtenir ce qu'il se passe en Iran, il suffit de remplacer flamand par femme et wallon par homme... Bouleversant, non? Nous ne voulons absolument pas faire une analyse simpliste des mesures sexistes du gouvernement iranien. Cependant, même si les femmes sont obligées de porter le voile dans les rues, il nous semble bien plus simpliste de dire que seule cette mesure condamne les femmes à une position de soumission dans leur société. Nous préférons penser qu'ils ont choisit de traiter différemment deux êtres différents... ce qui enfin de compte ne manque pas de sens. Notez enfin, qu'en cas de divorce, c'est l'homme qui a la garde des enfants, contrairement a la coutume occidentale.Les sujets phares ayant été clôturés, nous pouvons enfin aborder le sujet qui nous a le plus marqué: la profonde hospitalité et serviabilité qui habite le peuple iranien. D'ailleurs, si cela n'était pas le cas, nous ne serions probablement pas en train de vous écrire des EAU. Même sans comprendre ce que notre pouce levé voulait dire, les iraniens ne nous ont jamais fait attendre plus que 10 minutes avant de nous prendre en stop.
Pour le logement, c'était simple. Il suffisait de se pointer avec nos sacs a dos sur une place mouvementée et d'attendre. Irrémédiablement, quelqu'un nous abordait dans les 10 minutes et 1 personne sur 3 finissait par nous proposer d'aller chez elle. Dehbary, Mohammad, Honnie, Hannif, Hossen, Ahmad... trop de noms pour une liste complète... trop d'attentions. Ils restaient toujours éveillés jusqu'au moment ou on décidait de dormir, se forçaient à avoir autant d'appétit que les lions que nous étions, simplement pour qu'on ne se sente pas mal à l'aise, nous proposaient les meilleures places... et surtout partageaient sans crainte leurs vies, leurs familles. Comme si fiers de nous, ils nous présentaient à leurs parents, nous faisaient parler a leur copines au GSM, nous montraient à tous leurs potes.
Fiers de quoi? D'avoir un hôte? D'avoir un contact avec l'occident? J'avoue, aucune explication ne me convainc plus que le simple altruisme. Le même qui les a poussé à nous inviter a ce mariage qui était plus troublant que magnifique. Séparés des femmes, tous les hommes ont attendu assis l'arrivée du mariée, qui n'est resté dans la salle que le temps qu'on lui jette quelques billets dessus... la mariée étant restée avec les femmes... puis un simple repas a base de riz, pendant lequel tout le monde buvait du Pepsi, le tout très expédié. Ensuite, un dangereux cortège de voitures pendant lequel l'adrénaline remplaçait le manque d'alcool dans nos sangs. Et enfin la fête mixte! Tout en sachant que cela était illégal, nous avons joyeusement dansé avec des femmes qui ne portaient pas le voile en pouvant enfin apprécier la beauté des iraniennes! Après une petite heure dansante, le gâteau et la fin du mariage à minuit pétante!
Bien entendu, nous sommes des touristes malgré nous. Alors nous avons visité quelques beaux endroits du pays (en ayant malheureusement négligé Shiraz et Isfahan). Le premier a été Tochal, montagne aux pieds de laquelle se trouve Tehran. Au programme longue rando sur poudreuse culminant à 3730m tout cela avec les pieds gelés, les ventres vides car il était impossible de trouver du bois et faire cuire les coeurs de boeuf que nous avions acheté et en devant attendre un Bobak toujours souriant mais très peu motive. Pour la vue.... il suffit de regarder à coté! Le deuxième, à l'autre extrême, a été Yazd, ville historique en plein milieu du désert. Là, les systèmes de refroidissement des maisons (dont le fonctionnement nous échappe toujours) ressortent de la masse de maisons couleur sable et au toit plat qui ne laissent que peu de place pour les ruelles par lesquelles nous marchions. Le troisième, l'île d'Hormoz et son fort portugais qui a fait rougir nos vêtements...Les moments de peur, les incertitudes, les stress que l'Iran a généré en nous ne sont plus présents, cependant grâce a la générosité et aimabilité du peuple iranien, ces instants ont mûrit plutôt que pourrit en nous... l'Iran nous a fait vivre... car vivre c'est changer, évoluer se laisser bouleverser puis remettre tout en place... d'autres places mais tout de même en place.
En tout cas demain 4 décembre je crois que nos 2 lascars auront quelques choses d'important à nous annoncer, mais pour l'instant encore un peu de patience. Bonne route.
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jorge fiel
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